Un lecteur
nous faisait part de ses interrogations (ici) concernant la place du cyclisme dans la politique sportive de la ville, et plus largement du vélo. Nous reprenons ici la réponse proposée,
elle résume notre position sur le sujet."Ne serait-t'il pas judicieux de déterminer des parcours d'entrainement sur le réseau routier sur lequel les sportifs de cette discipline seraient prioritaires à certaines heures ou jour de la semaine ?
( Pas d'investissement, seul une signalisation et une vérification du parcour serait nécessaire) "
Comme vous l'avez compris, il est très difficile pour une municipalité d'interdire ou de limiter le nombre de véhicules (même temporairement) sur une partie du réseau routier (déclaration à la sous préfecture). De plus, le vélo « sportif » auquel vous faites référence est une pratique d’initiés capables de parcourir de longues distances dans la journée. Ces usagers souhaitent généralement aller au plus court et n’hésitent pas à emprunter des axes très circulés.
La prise en compte des cyclistes dans les aménagements routiers s’intègre donc dans une politique plus globale du vélo.
La prise de conscience est acquise, mais doit s'y ajouter une réelle volonté politique.
Deux principes doivent guider notre action :
la sécurisation de la pratique du vélo (traitement des points noirs sur le réseau routier, campagne de sensibilisation et d'information, généralisation de la signalisation réglementaire concernant le vélo) ;
la valorisation du potentiel vélo sur le plan touristique (favoriser le développement de l'offre d'aménagements cyclables spécifique au tourisme, stimuler le marché en créant des produits innovants, en favorisant l'évènementiel et en développant l'accès à divers services spécifiques à la pratique du vélo).
S'agisant de la ville de Lannion, nous constatons que l'offre proposée aux Lannionnais en matière cyclable n'est pas à la hauteur de l'évolution de la pratique et se trouve de ce fait souvent inadaptée à la demande :
Des erreurs importantes de conception des aménagements nuisent à la sécurité: marquage au sol inadapté, intersections peu favorables au vélo.
Le réseau est souvent discontinu et peu homogène: interruption des aménagements à des endroits sensibles, mauvais traitement des entrées et sorties des aménagements.
L'entretien est généralement mal assuré: balayage et fauchage insuffisants, absence d'entretien du revêtement.
L'offre d'aménagement n'est pas toujours adaptée à la demande ; ainsi trouve-t-on parfois des pistes cyclables là où des bandes cyclables auraient été plus adaptées à une pratique sportive prédominante et inversement.
La signalétique est très souvent absente ou insuffisante, rendant difficile la progression de cyclistes en visite ou pratiquant le vélo de façon occasionnelle.
Les aménagements cyclables spécifiques au tourisme, et de fait les produits touristiques vélo sont inexistants
En milieu urbain, les lois récentes obligent normalement les collectivités locales à prendre en compte l’usage du vélo dans leur politique de déplacement, et à
réaliser des itinéraires cyclables. En milieu interurbain, un nombre croissant de départements commence a élaborer des schémas directeurs d’itinéraires cyclables.
"De plus on ne trouve pas un seul vélodrôme dans un rayon de 60 Kms"
Compte tenu du nombre de pratiquant dans la région, il est permis de réfléchir à la construction d'un vélodrome pour développer l'habileté technique du cycliste et son sens tactique. Cet équipement pourrait servir également à initier les enfants à l'usage du deux roues (vélo, scotter) et leur apporter un espace dédié à la formation et à la sensibilisation aux risques routiers (éduquer les enfants à la sécurité routière). En effet, la forte surreprésentation des jeunes dans les accidents et les décès de la route constitue un grave problème de santé publique.
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